Accueil / Dossiers

Union européenne et Méditerranée : de Barcelone à l’UpM, chronologie et bilan

En 1995, le processus de Barcelone ouvre un partenariat politique, économique et humain entre l’Union européenne et ses voisins méditerranéens. L’Union pour la Méditerranée, créée en 2008, cherche à lui donner un nouvel élan grâce à une gouvernance partagée et à des projets concrets.

L'essentiel

  • Les 27 et 28 novembre 1995, les quinze États de l’Union européenne et douze partenaires méditerranéens lancent le processus de Barcelone.
  • Le partenariat associe paix et sécurité, développement économique et rapprochement des sociétés.
  • La zone de libre-échange envisagée pour 2010 n’a pas été réalisée à cette échéance.
  • Le 13 juillet 2008, l’Union pour la Méditerranée prolonge ce cadre avec une coprésidence Nord-Sud et des projets régionaux.
  • La coopération se poursuit en 2026, notamment avec le premier plan d’action du Pacte européen pour la Méditerranée.

Lire la déclaration de Barcelone de 1995 en français (Sénat)

Mis à jour le 30/10/2026

En 1995, un partenariat qui dépasse les échanges commerciaux

Le processus de Barcelone repose sur une ambition : rapprocher les deux rives de la Méditerranée en traitant ensemble les questions de sécurité, de développement et de relations entre les sociétés. La conférence des 27 et 28 novembre 1995 réunit les quinze membres de l’Union européenne et douze partenaires : Algérie, Chypre, Égypte, Israël, Jordanie, Liban, Malte, Maroc, Syrie, Tunisie, Turquie et Autorité palestinienne.

La déclaration de Barcelone organise cette coopération en trois volets. Le premier porte sur la paix, la sécurité, les droits fondamentaux et le dialogue politique. Le deuxième vise le développement économique, avec une zone de libre-échange envisagée pour 2010 et un soutien financier européen. Le troisième concerne les échanges culturels, l’éducation et les liens entre sociétés civiles.

Cette architecture associe deux échelles : des rencontres réunissant l’ensemble des partenaires et des accords d’association négociés entre l’Union et chaque pays. La coopération régionale doit ainsi compléter les relations bilatérales, sans se substituer aux négociations de paix au Proche-Orient.

Les dates qui conduisent de Barcelone à l’Union pour la Méditerranée

DateÉtape et portée
1972La Communauté économique européenne adopte une politique méditerranéenne globale. Elle organise progressivement ses relations commerciales et sa coopération avec les pays de la région.
1975-1976Le Plan d’action pour la Méditerranée est adopté en 1975 sous l’égide du PNUE. La convention de Barcelone de 1976 concerne la protection de la mer contre la pollution : elle relève d’un cadre distinct du partenariat politique de 1995.
27-28 novembre 1995La conférence de Barcelone lance le partenariat euro-méditerranéen, également appelé processus de Barcelone.
1996L’adoption du règlement MEDA donne un instrument financier au partenariat pour accompagner les réformes économiques et sociales.
2004La politique européenne de voisinage développe une coopération adaptée à chaque partenaire, notamment par des plans d’action bilatéraux. Chypre et Malte rejoignent l’Union européenne le 1er mai.
27-28 novembre 2005Le sommet du dixième anniversaire adopte un programme de travail sur cinq ans et un code de conduite contre le terrorisme.
2007L’Instrument européen de voisinage et de partenariat prend le relais de MEDA. La France porte un projet d’Union méditerranéenne.
13 juillet 2008Le sommet de Paris lance l’Union pour la Méditerranée, avec les États de l’Union européenne et leurs partenaires méditerranéens.
3-4 novembre 2008La réunion ministérielle de Marseille précise son organisation et retient Barcelone pour accueillir son secrétariat.

Ces étapes correspondent à des dispositifs complémentaires. Le système du PNUE traite de l’environnement marin ; la politique de voisinage structure les relations avec chaque pays ; l’UpM organise la coopération régionale. Le passage de MEDA au nouvel instrument financier, décrit par la Cour des comptes européenne, s’inscrit dans cette évolution.

Un bilan contrasté : des liens durables, des ambitions inabouties

Le partenariat a installé des rendez-vous politiques, des accords d’association et des programmes de coopération. Il a aussi permis de réunir dans un même cadre des acteurs séparés par de profonds différends. Mais cette continuité institutionnelle n’a pas suffi à produire la paix ou l’intégration économique annoncées.

La mise en œuvre financière a longtemps été lente. Pour MEDA, sur la période 1995-1999, le Sénat relevait 3,435 milliards d’euros engagés et 890 millions effectivement payés, soit environ 26 %. Cet écart mesure le décalage entre les engagements budgétaires et les versements pendant cette période ; il ne signifie pas que le solde a définitivement disparu.

La zone de libre-échange prévue pour 2010 n’a pas été réalisée à l’échéance, comme le constate le débat parlementaire du 30 mars 2011. Les accords commerciaux bilatéraux ont avancé sans créer l’ensemble régional espéré.

Dans son bilan de 2022, le Sénat souligne les obstacles politiques, les difficultés à dégager un consensus et les moyens limités de l’UpM. Le conflit israélo-palestinien et les rivalités régionales pèsent sur une coopération qui dépend de l’accord de ses membres.

En 2008, une gouvernance partagée et six priorités concrètes

La déclaration du sommet de Paris conserve les acquis de Barcelone tout en cherchant à rendre le partenariat plus visible et mieux partagé entre le Nord et le Sud. Elle prévoit une coprésidence et un secrétariat chargé de soutenir les projets. La France et l’Égypte assurent la première coprésidence.

Six priorités sont retenues : dépollution de la Méditerranée, transports maritimes et terrestres, protection civile, énergie solaire, enseignement supérieur et recherche, développement des entreprises. L’objectif est de construire des coopérations utiles au quotidien, qu’il s’agisse de mieux traiter les eaux usées, de relier des territoires ou de développer les compétences.

L’UpM prolonge donc Barcelone en lui ajoutant une organisation davantage tournée vers les projets. Elle ne constitue ni un élargissement de l’Union européenne ni un transfert général de souveraineté à une institution méditerranéenne.

Le dossier d’origine expliquait la construction progressive du partenariat

Le dossier de La Documentation française intitulé Union européenne et Méditerranée associait une chronologie à des explications sur les trois volets du partenariat et la politique de voisinage. Il s’agissait d’un dossier documentaire, sans programme de recommandations comparable à celui d’un rapport de mission.

Ses repères remontaient à 1972 pour replacer Barcelone dans une histoire plus longue. Le tournant de 1995 intervient alors que l’Union prépare son élargissement vers l’Est et redéfinit ses relations avec le Sud, dans le contexte des espoirs ouverts par le processus de paix au Proche-Orient. Le rapport parlementaire de 2007 sur l’Union méditerranéenne revient sur cette recherche d’équilibre.

Jusqu’en 2026, des relances successives de la coopération

Le secrétariat de l’UpM est inauguré à Barcelone en 2010. L’organisation poursuit ensuite les rencontres ministérielles et le soutien aux projets régionaux, comme le retrace son historique institutionnel.

Le 28 novembre 2025, les ministres adoptent une nouvelle vision stratégique, centrée sur les liens entre personnes, économies et pays. L’éducation, l’eau, l’énergie, le climat et les infrastructures figurent parmi ses priorités.

En parallèle, l’Union européenne lance le Pacte pour la Méditerranée. Le 17 avril 2026, la Commission présente un premier plan de 21 actions, notamment dans les domaines universitaire, énergétique et de la protection civile. Ce sont des engagements de mise en œuvre, dont les résultats doivent encore être appréciés.

Lire les textes et citer le dossier historique

Les deux références fondatrices sont la déclaration de Barcelone des 27 et 28 novembre 1995, disponible en français au Sénat, et la déclaration du sommet de Paris du 13 juillet 2008, en PDF sur le site de l’UpM.

Pour citer le dossier historique : La Documentation française, « Union européenne et Méditerranée : chronologie », dossier Union européenne et Méditerranée. Une référence à une copie archivée peut être complétée par la date de cette capture et sa date de consultation. Le dossier documentaire et les déclarations diplomatiques sont des documents distincts.

Sources et documents officiels