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Immigré, étranger, descendant d’immigré, réfugié : définitions et chiffres en France

Un immigré peut être français ; un étranger peut être né en France. Ces distinctions permettent de comprendre les chiffres de l’immigration, tandis que le statut de réfugié relève du droit d’asile.

L'essentiel

  • La définition de l’immigré adoptée en 1991 par le Haut Conseil à l’intégration reste celle de l’Insee : une personne née étrangère à l’étranger et résidant en France.
  • Un étranger ne possède pas la nationalité française ; un immigré peut l’avoir acquise.
  • Un descendant d’immigré est né en France et a au moins un parent immigré.
  • Le statut de réfugié correspond à une protection juridique, distincte de la demande d’asile.
  • Pour 2025, l’Insee estime provisoirement à 8 millions le nombre d’immigrés et à 6,3 millions celui des étrangers vivant en France.

Lire la définition officielle d’« immigré » (Insee)

Mis à jour le 30/10/2026

Immigré et étranger : le parcours et la nationalité

Pour l’Insee, trois conditions définissent un immigré : être né à l’étranger, être né avec une nationalité étrangère et résider en France. Acquérir la nationalité française ne change pas cette classification statistique. Une personne née française à l’étranger, puis installée en France, n’entre donc pas dans cette catégorie. La définition officielle de l’Insee repose sur la situation à la naissance, et non sur la nationalité actuelle.

Le mot étranger répond à une autre question : la personne possède-t-elle la nationalité française aujourd’hui ? Si elle ne la possède pas et réside en France, elle appartient à la population étrangère. Cela inclut les personnes sans nationalité, dites apatrides. À l’inverse, une personne qui possède la nationalité française et une autre nationalité est comptée comme française. L’Insee précise ces règles dans sa définition d’« étranger ».

Quelques exemples rendent la distinction concrète. Une personne née portugaise à Lisbonne, installée à Lyon puis devenue française, est immigrée et française. Un enfant né à Lyon qui possède uniquement la nationalité portugaise est étranger, mais pas immigré. Une personne née française à Montréal et venue vivre à Lyon n’est ni étrangère ni immigrée au sens de l’Insee.

Un descendant d’immigré est né en France

Un descendant d’immigré de deuxième génération est une personne née en France dont au moins un parent est immigré. Un seul parent suffit ; la nationalité de l’enfant n’est pas le critère retenu. Le terme désigne la descendance directe, sans limite d’âge : il peut s’agir d’un enfant, d’un adulte ou d’une personne âgée. C’est le sens donné par la définition de l’Insee.

Un enfant né étranger à l’étranger et arrivé avec ses parents est, lui, immigré. À l’inverse, avoir seulement un grand-parent immigré ne suffit pas pour appartenir à la deuxième génération. L’expression « immigré de deuxième génération » brouille donc la distinction : la personne née en France est descendante d’immigré, sans être elle-même immigrée.

Réfugié : une protection juridique, pas une catégorie démographique

Le statut de réfugié relève notamment de la convention de Genève du 28 juillet 1951. Il protège une personne qui craint des persécutions liées à sa race, sa religion, sa nationalité, ses opinions politiques ou son appartenance à un certain groupe social, et qui ne peut ou ne veut, en raison de cette crainte, demander la protection de son pays. Le droit français prévoit également d’autres fondements, dont l’asile constitutionnel. Service Public détaille les différentes protections.

Demander l’asile ne signifie pas avoir obtenu le statut de réfugié. La reconnaissance intervient par une décision de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) ou de la Cour nationale du droit d’asile (CNDA). Le ministère de l’Intérieur explique cette procédure dans sa présentation des bénéficiaires de protection internationale.

La protection subsidiaire concerne d’autres risques graves, notamment la peine de mort, la torture ou certaines menaces liées à un conflit armé. La protection temporaire est un dispositif distinct, décidé au niveau européen face à un déplacement massif de population. Ces protections ne se confondent pas avec le statut de réfugié. Une même personne peut par ailleurs être immigrée, étrangère et réfugiée : ces mots décrivent des dimensions différentes de sa situation.

Les chiffres disponibles en 2026 portent sur des années différentes

Dans ses chiffres clés publiés le 25 juin 2026, l’Insee présente les estimations provisoires suivantes pour 2025, sur l’ensemble de la France :

PopulationEffectifPart de la population totale
Immigrés8,0 millions11,6 %
Dont immigrés devenus français2,6 millions3,8 %
Étrangers6,3 millions9,1 %

Les étrangers comprennent environ 5,3 millions d’immigrés et 1 million de personnes nées en France. Ajouter les immigrés aux étrangers compterait donc deux fois une grande partie des mêmes personnes. Parmi les immigrés, 33 % ont acquis la nationalité française.

Pour les descendants d’immigrés, l’Insee dénombre 8 millions de personnes en 2024, soit 12 % de la population vivant en logement ordinaire en France hors Mayotte. Parmi eux, 55 % ont un seul parent immigré. Ce résultat, présenté dans France, portrait social, concerne une autre année et un champ différent : il ne s’additionne pas directement aux estimations nationales de 2025.

Les arrivées annuelles ne mesurent pas la population installée

Le nombre d’immigrés présents en France rassemble des personnes arrivées à des époques très différentes. Pour mesurer les arrivées récentes, l’Insee utilise un autre indicateur : 313 000 immigrés sont entrés en France en 2024 pour s’y installer au moins un an, soit 10 % de moins qu’en 2023. L’étude Flux migratoires, publiée en juin 2026, distingue ces entrées du solde migratoire, qui tient aussi compte des départs.

Les premiers titres de séjour délivrés ne correspondent pas davantage aux seules arrivées de l’année. Certaines personnes obtiennent leur titre après plusieurs années de présence ; d’autres viennent pour un séjour court. L’Insee explique ces décalages dans son dossier Immigration, intégration et discriminations. Un nombre de titres, de demandes d’asile ou d’entrées mesure chaque fois une réalité différente.

Depuis 1991, une distinction conçue pour les études

Le Haut Conseil à l’intégration a validé la définition de l’immigré en 1991, ensuite reprise par la statistique publique. Elle permet de suivre un parcours migratoire même après un changement de nationalité. Comme l’explique l’extrait Étranger, immigré : quelle différence ?, cette catégorie a été construite à des fins d’étude et n’a pas, en elle-même, de valeur juridique. Elle ne détermine ni un droit au séjour ni un statut de protection.

En 2026, une correction de mesure éclaire les évolutions récentes

La définition demeure, mais la collecte s’améliore. Dans une note du 4 juin 2026, l’Insee explique que le questionnaire de recensement adapté aux smartphones depuis 2024 a permis des réponses plus complètes et une meilleure identification des personnes immigrées.

Il en résulte une rupture de série : les chiffres antérieurs à 2024 ne sont pas directement comparables à ceux de 2024 et 2025. Une partie de la hausse apparente tient donc à la mesure. Soustraire deux effectifs successifs ne suffit pas à connaître l’évolution démographique réelle.

Lire et citer les références officielles

Pour une définition, la référence directement utilisable est : Insee, « Immigré », rubrique Définitions, mise à jour du 19 avril 2023. Pour les chiffres : Insee, « L’essentiel sur… les immigrés et les étrangers », 25 juin 2026, données provisoires 2025. Les entrées annuelles sont détaillées dans Insee Première, n° 2107, juin 2026. Une citation statistique gagne à préciser l’année observée et le territoire couvert.

Sources et documents officiels