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La Francophonie : histoire, institutions et chronologie

La Francophonie s’est construite autour d’une langue partagée, puis d’une coopération culturelle et politique. Parmi ses étapes marquantes, la troisième conférence ministérielle sur la culture, réunie à Cotonou en juin 2001, défend la diversité culturelle et le soutien aux créateurs.

L'essentiel

  • Le mot « francophonie » apparaît en 1880 sous la plume du géographe Onésime Reclus.
  • Le 20 mars 1970, 21 États et gouvernements créent à Niamey l’Agence de coopération culturelle et technique, ancêtre de l’OIF.
  • La troisième Conférence ministérielle de la Francophonie sur la culture se tient à Cotonou, au Bénin, les 14 et 15 juin 2001.
  • La Charte adoptée en 2005 réorganise les institutions et donne à l’Agence l’appellation d’Organisation internationale de la Francophonie.
  • En 2026, l’OIF rassemble 90 États et gouvernements, membres, membres associés et observateurs.

Lire la déclaration et le plan d’action de Cotonou de 2001 (PDF, OIF)

Mis à jour le 30/10/2026

Une langue commune, puis un projet de coopération

Le dossier historique « La Francophonie : chronologie », de La Documentation française, retrace le passage d’une notion linguistique à une organisation internationale. Son point de départ est ancien : en 1880, Onésime Reclus emploie le mot « francophonie » dans un contexte d’expansion coloniale. Les associations, puis les réseaux professionnels et les gouvernements, lui donnent progressivement d’autres significations.

Deux réalités se côtoient aujourd’hui. La francophonie désigne les personnes et les espaces où le français est utilisé. La Francophonie institutionnelle organise une coopération entre États et gouvernements. L’appartenance à l’OIF ne signifie donc pas que toute la population d’un pays parle français. Ses missions associent langue, culture, éducation, démocratie et développement, comme l’explique la présentation officielle de la Francophonie.

Cotonou, juin 2001 : la troisième conférence sur la culture

La troisième Conférence ministérielle de la Francophonie sur la culture a lieu les 14 et 15 juin 2001 à Cotonou, au Bénin. Elle adopte une déclaration et un plan d’action. Le texte intégral conservé par l’OIF est le document à consulter pour retrouver ses engagements.

La diversité culturelle doit, selon les ministres, se traduire par des politiques publiques. Le programme prévoit de soutenir la création, l’édition et l’audiovisuel, de protéger les droits des professionnels et d’améliorer leur accès aux marchés. Il envisage aussi de faciliter les démarches liées aux déplacements des artistes.

Le français y est associé aux langues nationales partenaires. Traduction, plurilinguisme et circulation des œuvres doivent permettre aux différentes cultures de trouver leur public. Le plan prévoit également une concertation entre pouvoirs publics, société civile, entreprises et créateurs. Ce sont des engagements de coopération, dont l’application suppose ensuite des programmes et des décisions nationales.

Les conférences sur la culture ont leur propre calendrier

Ces rencontres sectorielles réunissent les responsables de la culture. Leur numérotation est distincte de celle des Sommets et de la Conférence ministérielle de la Francophonie, chargée du suivi politique général.

ÉditionDate et lieuRepère
Première1981, CotonouPremière rencontre des ministres francophones de la culture.
Deuxième1990, LiègePoursuite de la coopération culturelle francophone.
Troisième14 et 15 juin 2001, CotonouDéclaration et plan d’action pour la diversité culturelle.
Quatrième22 et 23 juillet 2017, AbidjanCulture, développement et enjeux numériques.
Cinquième22 au 24 mai 2025, QuébecVisibilité des expressions culturelles dans l’environnement numérique.

Les deux premières rencontres sont rappelées dans les actes du Sommet de Hanoï de 1997. Les textes d’Abidjan et la présentation de la conférence de Québec prolongent cette chronologie.

De 1880 à 2006, les étapes de la construction institutionnelle

Le dossier de La Documentation française est un ensemble de repères historiques, accompagné de portraits, d’entretiens et de présentations institutionnelles. Il ne formule pas un programme de réforme. Sa version archivée évoque notamment les Sommets de Beyrouth, de Ouagadougou et de Bucarest, situant son contenu dans les débats du début des années 2000.

La coopération moderne prend forme après les indépendances. Léopold Sédar Senghor, Habib Bourguiba, Hamani Diori et Norodom Sihanouk comptent parmi ses principaux promoteurs : ils voient dans le français un moyen d’échange et de solidarité, comme le rappelle le ministère français de la Culture.

DateÉvénement
1880Onésime Reclus emploie le terme « francophonie ».
1883Création de l’Alliance française, dans le mouvement de diffusion de la langue.
1961Création de l’association universitaire qui deviendra l’Agence universitaire de la Francophonie.
20 mars 1970Création de l’Agence de coopération culturelle et technique à Niamey.
1986Premier Sommet de la Francophonie, à Versailles.
1997À Hanoï, adoption d’une Charte et élection de Boutros Boutros-Ghali comme premier secrétaire général.
2000Déclaration de Bamako sur la démocratie, les droits et les libertés.
2002, 2004 et 2006Sommets de Beyrouth, de Ouagadougou et de Bucarest.
23 novembre 2005Adoption de la nouvelle Charte à Antananarivo.

L’histoire institutionnelle publiée par l’OIF montre cet élargissement progressif : la coopération culturelle et éducative se double d’une action politique, notamment en matière de démocratie et de prévention des crises.

L’OIF agit dans un ensemble d’institutions

La Charte de 2005 précise les responsabilités. Le Sommet des chefs d’État et de gouvernement fixe les orientations. La Conférence ministérielle de la Francophonie, composée des ministres des Affaires étrangères ou chargés de la Francophonie, prépare les Sommets et veille à leurs suites. Le Conseil permanent assure la préparation et le suivi sous son autorité.

Le secrétaire général dirige l’OIF et conduit l’action politique francophone. L’Assemblée parlementaire de la Francophonie exerce une fonction consultative. Quatre opérateurs interviennent dans leurs domaines : l’Agence universitaire de la Francophonie, TV5MONDE, l’Université Senghor d’Alexandrie et l’Association internationale des maires francophones. L’ensemble relie ainsi diplomatie, universités, médias et collectivités.

De la diversité culturelle aux plateformes numériques

À l’échelle internationale, la Convention de l’UNESCO sur la diversité des expressions culturelles, adoptée le 20 octobre 2005 et entrée en vigueur le 18 mars 2007, reconnaît le droit des États à mener des politiques culturelles. Elle organise aussi la coopération internationale. Ce traité possède une portée juridique distincte des déclarations ministérielles francophones.

En 2025, la déclaration de Québec porte ces préoccupations vers les plateformes et l’intelligence artificielle. Elle demande de rendre les œuvres francophones plus faciles à trouver et mieux présentes dans les recommandations. Cette « découvrabilité » suppose notamment des données décrivant correctement les œuvres, des professionnels formés et un dialogue avec les entreprises numériques. La rémunération des créateurs et le respect du droit d’auteur restent au centre des engagements.

En 2026, une organisation de 90 États et gouvernements

L’OIF compte 90 États et gouvernements : 53 membres, 5 membres associés et 32 observateurs, selon son Conseil permanent de juillet 2026. Le rapport La langue française dans le monde 2026 situe les retraits du Burkina Faso, du Mali et du Niger à septembre 2025.

Ce rapport estime à 396 millions le nombre de francophones pour 2025. Ce chiffre concerne les locuteurs, au-delà des frontières de l’organisation. Son évolution reflète aussi une modification de la méthode de dénombrement : elle ne mesure donc pas uniquement une progression de l’usage du français.

Lire et citer les documents

Pour le dossier historique : La Documentation française, « La Francophonie : chronologie », dossier « La Francophonie », en précisant la version archivée consultée. Pour la conférence : Agence intergouvernementale de la Francophonie, IIIe Conférence ministérielle de la Francophonie sur la culture, Déclaration et plan d’action, Cotonou, 14-15 juin 2001. Le PDF officiel donne accès au texte intégral.

Sources et documents officiels