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Maintien de la paix : le rôle de l’ONU et des acteurs régionaux

Le dossier de La Documentation française explique comment le maintien de la paix s’est ouvert aux organisations régionales après la guerre froide. Au cœur du sujet : qui autorise une intervention, qui la commande et comment les différents acteurs travaillent ensemble.

L'essentiel

  • Ce dossier de La Documentation française retrace la montée des acteurs régionaux dans la gestion des conflits depuis les années 1990.
  • Une force autorisée par le Conseil de sécurité peut être commandée par l’OTAN ou une autre organisation, sans être une opération de Casques bleus.
  • La Bosnie, le Kosovo et l’Afghanistan illustrent l’élargissement des missions de l’OTAN au-delà de la défense de ses membres.
  • L’Union européenne associe moyens civils et militaires ; l’Union africaine conduit ses propres opérations de soutien à la paix.
  • En 2026, la KFOR et EUFOR Althea restent déployées dans les Balkans, tandis que le financement des opérations africaines dispose d’un nouveau cadre adopté en 2023.

Consulter la présentation officielle des opérations de l’OTAN

Mis à jour le 30/10/2026

L’ONU garde un rôle central, mais ne commande pas toutes les opérations

Le dossier Maintien de la paix dans le monde : l’ONU et les acteurs régionaux éclaire une transformation majeure : après la guerre froide, la gestion des conflits mobilise davantage d’organisations. Son volet consacré à l’OTAN suit le passage d’une alliance de défense collective à une organisation engagée dans la stabilisation des Balkans, puis en Afghanistan. Le sommaire élargit l’analyse à l’Union européenne, à l’OSCE et au maintien de la paix en Afrique.

Autoriser une opération et la commander sont deux responsabilités différentes. Le Conseil de sécurité peut autoriser une force dont la conduite revient à une organisation régionale. Les militaires déployés ne deviennent pas, pour autant, des Casques bleus. Le chapitre VIII de la Charte des Nations unies organise cette articulation : il encourage le règlement régional des différends, soumet les actions coercitives régionales à l’autorisation du Conseil et prévoit que celui-ci soit informé de leurs activités.

Le vocabulaire compte aussi. Le maintien de la paix onusien repose sur le consentement des principales parties, l’impartialité et le non-recours à la force, sauf en légitime défense ou pour défendre le mandat. Une opération peut donc protéger des civils par la force sans abandonner ces principes. L’imposition de la paix relève d’une autre logique, qui peut se passer du consentement des parties. L’ONU expose cette distinction dans ses principes du maintien de la paix.

La Bosnie et le Kosovo montrent deux formes d’engagement de l’OTAN

Créée par le traité de Washington du 4 avril 1949, l’OTAN s’inscrit initialement dans la défense collective de ses membres. Les guerres yougoslaves marquent un tournant opérationnel. En Bosnie-Herzégovine, après l’accord de Dayton, l’Alliance déploie en décembre 1995 l’IFOR, une force d’environ 60 000 militaires chargée d’appliquer le volet militaire de l’accord. La SFOR lui succède en décembre 1996 pour stabiliser la situation.

Le 2 décembre 2004, l’Union européenne prend le relais avec EUFOR Althea. Les arrangements dits « Berlin plus » lui permettent de bénéficier de moyens de planification, de commandement et de soutien de l’OTAN. Cette succession montre comment plusieurs institutions peuvent intervenir dans un même processus de paix, avec des responsabilités distinctes. L’OTAN en retrace les étapes dans son historique des opérations en Bosnie.

Au Kosovo, deux séquences doivent être distinguées. La campagne aérienne de 1999 est engagée sans autorisation explicite du Conseil de sécurité de recourir à la force, comme le rappelle un compte rendu du Sénat d’avril 1999. Le déploiement ultérieur de la KFOR s’appuie, lui, sur la résolution 1244 du 10 juin 1999. Sous commandement de l’OTAN, cette force doit contribuer à un environnement sûr et à la liberté de circulation. Sa base juridique et ses missions sont donc distinctes de celles de la campagne aérienne.

L’Union européenne, l’OSCE et l’Union africaine apportent d’autres moyens

L’Union européenne développe des missions civiles et militaires à partir de 2003. Ses interventions peuvent concerner la sécurité, la formation des forces locales, la police, les frontières ou l’État de droit. Elles relèvent aujourd’hui de la politique de sécurité et de défense commune. Le panorama officiel de ses missions montre cette diversité : stabiliser un territoire demande aussi des institutions capables d’assurer durablement la sécurité et la justice.

L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, ou OSCE, intervient notamment par la prévention des conflits, les missions de terrain, l’établissement des faits et le règlement pacifique des différends. Ses instruments de gestion des crises illustrent la place de l’action diplomatique et civile dans la construction de la paix.

En Afrique, les coopérations peuvent combiner une opération africaine, un soutien extérieur et un relais onusien. Au Darfour, l’OTAN fournit ainsi un appui au transport et à la formation de la mission de l’Union africaine entre 2005 et 2007. Celle-ci est ensuite remplacée par la MINUAD, opération hybride de l’Union africaine et de l’ONU. Cet exemple, présenté dans l’historique des missions de l’OTAN, rend concrète la répartition des tâches.

La coopération exige des mandats clairs et des moyens durables

Le fil conducteur du dossier est la diversification des acteurs. Pour comprendre ses implications, trois questions restent décisives : quelle institution fixe l’objectif politique, qui commande sur le terrain et qui finance l’engagement ? Un partage des tâches peut faciliter une intervention ; il exige aussi une coordination entre organisations dont les moyens et les priorités diffèrent.

Cette réflexion s’inscrit dans les débats internationaux de l’après-guerre froide. Un rapport de l’ONU sur la coopération avec l’Union africaine rappelle que l’Agenda pour la paix de 1992 envisageait déjà une contribution accrue des organisations régionales. La multiplication des missions complexes a ensuite renforcé l’intérêt pour ces partenariats. Le dossier de La Documentation française appartient à ce travail d’explication des transformations internationales : c’est un dossier documentaire organisé par thèmes et terrains d’intervention.

En 2026, certains engagements continuent, d’autres ont pris fin

Les trajectoires ont divergé. En Afghanistan, l’OTAN prend le commandement de la Force internationale d’assistance à la sécurité, appelée ISAF en anglais et FIAS en français, en août 2003. Cette mission sous mandat de l’ONU s’achève fin 2014. Elle est suivie de Resolute Support, consacrée à la formation, au conseil et à l’assistance, qui prend fin en 2021. L’historique officiel de l’engagement en Afghanistan permet de suivre ces changements.

Dans les Balkans, la présence internationale se prolonge. En 2026, la KFOR reste engagée au Kosovo et EUFOR Althea en Bosnie-Herzégovine. Une visite conjointe des responsables militaires de l’UE et de l’OTAN, en avril 2026, confirme la poursuite de cette coopération.

Pour les opérations africaines, la résolution 2719 du 21 décembre 2023 constitue une évolution majeure. Elle ouvre, au cas par cas et sous conditions, l’accès aux contributions obligatoires de l’ONU pour des opérations dirigées par l’Union africaine et autorisées par le Conseil de sécurité. Ce financement peut couvrir jusqu’à 75 % de leur budget annuel ; le solde doit être mobilisé conjointement auprès de la communauté internationale. Ce mécanisme n’est pas automatique et s’accompagne d’exigences de contrôle financier et de respect des droits humains.

Retrouver la référence du dossier et les textes institutionnels

La référence à citer est : La Documentation française, Maintien de la paix dans le monde : l’ONU et les acteurs régionaux, rubrique « De nouveaux acteurs dans le maintien de la paix », article « L’OTAN, de la sécurité européenne au maintien de la paix ». Les fiches actuelles de l’OTAN citées plus haut apportent une information institutionnelle actualisée ; elles ne constituent pas une réédition du dossier historique.

Pour consulter les textes juridiques, la Charte des Nations unies est disponible en PDF multilingue. Le financement des opérations africaines relève de la résolution S/RES/2719 (2023), accessible dans la bibliothèque numérique de l’ONU.

Sources et documents officiels